Battlestar Galactica : portraits (12)

Publié le par Ue-Sama

Suite de la galerie des monstres...




















Saul Tigh


Le capitaine corsaire, tralalalalaaa


J’adore ce type.


Il est alcoolo, extrémiste, complètement bouché, langue de pute, cocu jusqu’aux oreilles, il a une voix pas possible… A part le fait qu’il a une tronche de pirate incroyable une fois borgne et mal rasé, franchement, il n’y a pas des tas de raisons de l’apprécier mais bon, je le trouve fabuleux.


Peut-être parce que je parlais de référence morale au sujet de Helo mais que, finalement, Tigh en est une aussi, en un sens. Durant toute la série, il est Tigh à 100%. OK, il est toujours sur le point de se faire manipuler par Helen, il a des passages difficiles mais même aux pires moments il reste fidèle à lui-même. Il n’y a qu’à voir sa décision de rester fidèle à la flotte coloniale et à l’homme qu’il a été et qu’il souhaite être même s’il est désormais un cylon… Ou sa décision d’empoisonner Helen parce qu’elle a trahi les secrets de la résistance (alors que, comment dire, la partie est jouée, il n’y avait pas vraiment de raison de la zigouiller à ce moment-là, à part par principe, justement)… 


C’est peut être aussi à cause de toutes les grandioses scènes de Tigh-erie auxquelles nous sommes exposés au fil de la série : les engueulades avec Starbuck, la baston d’ivrognes et les grandes déclarations d’amitié à Adama, cette scène d’anthologie quand Tigh entend la foutue musique, se colle au mur et s’écrie « It’s in the frakkin’ ship !! », l’empoisonnement d’Helen, le match de boxe avec Tigh en arbitre, son « interrogatoire » de Caprica Six (qui termine par la mise enceinte de l’intéressée, quel homme, il est irrésistible !), la mort de Liam…


Tigh, c’est fort.

 


Le bon dieu


Divinité d’amour omnisciente (dans ses bons jours)


…Car il semble bien qu’il y en ait un dans Galactica. S’il restait encore un doute, les anges Baltar et Six nous le confirment clairement dans la scène finale de la série, allant jusqu’à dire de lui qu’ « il n’aime pas qu’on l’appelle comme ca ».

(…et il veut qu’on l’appelle comment, alors !? Bioman ? Sherlock Holmes ? ARTX222445879 ?)


Les anges, justement, ils existent bien, il faut bien qu’ils viennent de quelque part… Y compris ceux qui ont averti les Final Five de la destruction imminente de leur monde et les ont mis en route vers les colonies… Et toute l’affaire Starbuck, sa mort, sa résurrection, le duo de piano avec son père dans le bar… Et la fameuse chanson qui réactive les Final Five, qu’Hera connait de naissance et que Starbuck utilise pour emmener la flotte jusqu’à la Terre… Et le Temple de l’Espoir, avec son cataclysme qui se passe juste au bon moment pour permettre à D’Anna d’identifier les Final Five… Dont on se demande d’ailleurs comment ils ont pu arriver là sans intervention divine…


Bref, un bon nombre d’événements dans la série ne font sens que si l’on assume la présence d’un être supérieur qui manipule le cours des choses en douce… …ou pas trop  en douce, il n’y a qu’à voir Starbuck et le chemin de la Terre, dans le genre c’est de la manipulation au bulldozer…


Ma compréhension est que si ce Dieu, qui est sans doute le « dieu d’amour » des centurions, a un objectif, c’est bien de préserver Hera, qui est la clef de l’avenir commun des deux espèces. Après tout, même si la route est un peu tortueuse, les anges Baltar et Six essaient à travers la série de mener les vrais Baltar et Six vers la foi, l’amour, un comportement vaguement responsable, etc. et les positionnent bien comme des sortes d’anges gardiens plus ou moins efficaces pour Hera. Sans Baltar l’affaire aurait tourné court  -  Baltar qui se retrouve d’ailleurs grand gourou d’une secte monothéiste, on y revient.


Pour un dieu d’amour omniscient, on se dit quand même qu’il aurait pu trouver des solutions plus simples et rapides sans détruire deux-trois civilisations au passage, mais, en tout cas, il bosse dur.

 

 

Cavil


Le méchant


Il en faut bien un, et Cavil s’en sort plutôt bien, enfin jusqu’à ce qu’il se fasse sauter le caisson, donc il mérite son petit paragraphe.


Une chose me frappe avec Cavil. Il est très frustré de ne pas être un beau gros robot ou un vaisseau spatial. OK, je peux vaguement imaginer. Donc il met en route son plan pour punir les final five pour avoir fait de lui un déchet organique et il décide de se rapprocher, et de rapprocher la civilisation cylon, des machines  - ou de leur côté machine, disons. C’est tout le laïus qu’il sert apparemment à Boomer après le gros fiasco sur New Caprica. Au passage, il met en place sur les centurions des espèces de systèmes de contrôle afin de les empêcher de devenir pleinement conscients  - ça ne leur plait pas, il suffit de voir comment ils le traitement quand ils sont libérés lors de la guerre civile… Mais pour un gars qui rêve d’être un une créature purement mécanique, parfaitement en contrôle, il a quand même des pulsions très très humaines… Il n’y a qu’à voir sa relation, justement, avec Boomer, qui va nettement au-delà du transfert de données (tout en sortant des répliques comme « je lui apprends à être une meilleure machine »…) ou bien avec Helen sur New Caprica, où il profite bien d’être le chef de la kommandantur cylonische. Ach ! Il n’a pas l’air si triste que ça d’avoir des composantes organiques plutot qu’un port USB, le gars…

Parlant d’Helen, justement, elle est quand même ce qu’il a de plus proche d’une mère, mais ça ne l’empêche pas de la culbuter sur New Caprica alors qu’elle est amnésique, et si Helen est sa mère, alors Tigh est son père, ce qui ne l’empêche pas de lui arracher un œil quand il est en prison. Il n’aime vraiment pas ses parents. Ni les final five en general, d’ailleurs, car il les a quand meme envoyés amnesiques dans les colonies pour leur faire les pieds…


Et tout ça finit par un suicide causé par sa frustration face à l’échec des négociations avec Adama et le club des 5. Là aussi, dans le genre réaction bien humaine…


Bref, en plus d’être un méchant, Cavil, soit c’est le roi du pipeau, soit il est vraiment mal assemblé, parce qu’entre le démon de midi et la façon dont il fonctionne je ne vois vraiment pas comment il aurait jamais pu réussir à se rapprocher davantage de la machine.


Bon, prochain article, on attaque du lourd, du vraiment lourd...

Publié dans Ma cinematheque

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Pierre2.0 13/08/2009 12:56

J'aime beaucoup le passage, avant qu'on sâche qu'il est un cylon, où il interroge le chef qui croit alors qu'il est un cylon."Qui sait, peut être que je suis moi-même un cylon et que je ne vous ai pas vu à nos petites réunions...?" (pour le souvenir que j'en ai)

Ue-Sama 14/08/2009 12:44


J'avais oublie ce morceau genial, avec Cavil en pretre / conseiller psychologique : Chef se demande s'il n'est pas un cylon (c'est apres qu'il ait cogne sur Cally...) et l'autre keke lui repond
qu'il n'en est certainement pas un. Mais comment pouvez-vous en etre sur ? demande Chef, et c'est la que Cavil lui sort "Peut etre parce que je suis justement un cylon et que je ne vous vois jamais
a nos reunions..."

Grandiose.

Et quand il s'infiltre dans le groupe d'humains (marines du Galactica et resistants meles) sur Caprica, lors de la mission de recuperation ? Ils sont encercles par les centurions puis ceux-ci
disparaissent tout d'un coup et la Cavil arrive par derriere, leve les bras au ciel et s'exclame "loues soient les seigneurs de Kobol !"
Il est fort, ce Cavil.


Pierre2.0 13/08/2009 10:44

Deux ou trois petites choses :Cavil est très humain en effet et n'a rien d'une mécanique froide. Il "prétend" vouloir être une machine, mais à mon sens, s'il se venge des humains, et essaye de tuer les modèles trop "sensibles", c'est parce qu'il sait qu'il est trop humain pour être une machine et qu'il en veut à ceux qui peuvent l'assumer, comme les five ou les modèles - et 8.Dieu, là dedans, est comme à son habitude. Il s'amuse. Il trace des lignes et laisse les gens se dépatouiller dans leur merde parce qu'il croit au libre-arbitre qu'il a donné à l'homme. Ca ne donne pas de bons résultats, il aurait dû réfléchir avant cette histoire de libre-arbitre. Personne n'est parfait, même Dieu. Ce qui est amusant, c'est le parallélisme entre le Trône de Fer et Galactica (faudrait un article là-dessus) : dans les deux mondes, on assiste à une fin(?) ou tout du moins un reflux des polythéismes originaux qui sont peu à peu supplantés par l'avénement du monothéisme, un monothéisme dont on voit clairement les effets (les anges dans Galactica et les interventions des prêtres du feu dans le Trône).

Ue-Sama 13/08/2009 12:34


C'est tout a fait ca, le pauvre gars voudrait etre une machine, il voit bien qu'il ne peut pas, alors il se venge, ce qui le rend d'autant plus humain. C'est vraiment un loser. Y a qu'avec Boomer
qu'il a ete performant, et encore.