Battlestar Galactica : the boardgame (2)

Publié le par Ue-Sama

Apres une presentation assez detaillee du jeu faite par votre (faussement) humble serviteur, un de nos lecteurs et contributeurs les plus assidus, le bon Pierre 2.0, connu et reconnu pour sa maitrise de l'Amiral Adama a BSG:TBG, nous fait le plaisir de nous apporter quelques commentaires experts.

Je lui cede la parole...














Quelques commentaires sur les remarques du maître, puis une observation plus générale.

- Le jeu se joue très bien à 6 : on doit en être à notre 6ème partie à 6 en deux semaines, et le sympathisant a toujours été humain, car les humains se débrouillent pour qu'ils le soient et que les cylons présents (ou pas) n'arrivent pas à l'empêcher.

[NLDR : l'idee est ici d'amener volontairement une des ressources dans le rouge pour que l'huanite soit en difficultes et donc le sympathisant pro-humain]

Le caca est quand même que le sympathisant est une carte "d'équilibre" qui en fonction des résultats de la première partie du voyage va avantager le camp le plus en difficulté. On voit tout de suite que le choix n'a pas été fait par rapport à l'esprit du jeu, mais par rapport à sa mécanique. C'est une sorte de demi-cylon. Enfin, on a joué à 7 et ça se passe très bien aussi, avec 3 cylons. L'extension prévoit d'ailleurs les modalités du jeu à 7. Quant à la règle du sympathisant, si elle fait douter les premières parties, elle est rapidement acquise. Y compris par les nouveaux joueurs quand on la présente comme un mécanisme d'équilibre.

[NDLF : les miens, de nouveaux joueurs, devaient etre bien bouches, alors... Mais en fait, pour etre tout a fait honnete, la difficulte surgit quand c'est un cylon non encore revele qui recoit la carte de sympathisant]

- Voir la série n'est pas indispensable (mais on gagne un peu de temps en background si c'est le cas) et plus encore : le jeu pousse fréquemment des nouveaux joueurs à découvrir cette série.

- Le jeu est très dépendant, comme tu le dis, de la compétence et du caractère des joueurs. Jouer avec des joueurs lents peut être très fastidieux et brise le rythme qui doit être rapide. Ensuite, le groupe doit prendre les choses au sérieux mais pas trop. Rien n'est plus pénible que des joueurs qui prennent tout trop perso ("De toutes manières, c'est toujours sur moi que ça tombe, c'est toujours moi qu'on suspecte, merde!")

[NDLR : voir ma mise en garde dans l'article precedent, jouer Boomer ou Baltar ce n'est pas pour tout le monde]

ou des joueurs qui prennent tout à la rigolade et n'arrêtent pas de casser la pression ("Au fait, tu connais pas la dernière, on est allé chez des amis et..."). Car...

....

et j'atteins là le point central de mon exposé...

...

(J'oubliais : les gens qui se la racontent sont aussi pénible...)

...

...Le gros succès du jeu, c'est d'avoir réussi à transmettre autour d'une table à 6 la même ambiance et la même pression que la série inflige à ses spectateurs.

BG est une série éprouvante à regarder, on l'a déjà dit, car elle place les personnages dans des situations épouvantables, devant des choix cornelliens qui sont parfois forcément mauvais et avec lesquels ils doivent se dépatouiller. Et évidemment, poursuivis par toute la hargne de l'univers, les humains ne trouvent pas mieux que de se bouffer le nez.

Et bien c'est pareil dans le jeu. Cylon ou humain, on ressent la pression dès le début :

Humains : y'a-t-il des cylons à bord? Quand et comment vont-ils chercher à saboter le voyage? Quelle ressource vont-ils attaquer? Pire encore : vais-je moi-même me révéler cylon au milieu du voyage, auquel cas j'aurai joué jusque là contre mon intérêt ?

Cylon : l'autre cylon est-il déjà présent ? Vais-je me retrouver seul cylon à l'issue du second tour ? Comment faire pour saboter sans me révéler, sans prendre trop de risques mais en en prenant quand même ? Comment pousser l'équipage à se déchirer et leur faire perdre leurs ressources sans être moi-même sur la sellette ? Et surtout, comment je vais y arriver alors qu'ils résolvent toutes les putains de crise sans difficulté, y'a donc personne pour m'aider ?????

Les humains n'ont pas le droit à l'erreur, et pour les cylons, c'est un crève-coeur de voir les humains sortir des situations les pires sans rien pouvoir faire ouvertement! J'ai le souvenir de 8 vaisseaux civils repliés à l'arrière, cernés par 13 Raiders, tous les vipers à la réparation, et le saut se faisant juste à ce moment là ! Le cylon présent autour de la table a eu l'estomac dans les talons pendant au moins trois tours.

On pourrait croire qu'au milieu du voyage, quand toutes les cartes loyauté ont été révélées, la pression baisse chez les joueurs qui savent désormais qui ils sont, mais il n'en est rien, car alors la suspicion généralisée laisse place aux doutes existenciels.

Et évidemment, les joueurs se déchirent. Les humains s'accusent, et chaque erreur est une preuve de cylonite avérée, mais les cylons aussi peuvent se déchirer. Là encore, un souvenir de partie où un cylon révélé n'arrêtait pas de faire des déclarations incitant l'autre cylon à se révéler voyant bien qu'ils n'arrivaient à rien (définitif pour relever le moral des humains et les mener à la victoire!!!).

BG est un jeu éprouvant, tout aussi éprouvant que la série par la pression qu'il fait régner autour de la table. Les humains n'ont pas le droit à l'erreur et c'est un défi pour eux de gagner. Les cylons n'ont pas le droit à l'échec car c'est quand même plus facile pour eux, et se faire repérer et se révéler au mauvais moment peut les conduire à une totale impuissance.

C'est cela la réussite du jeu, créer un jeu coopératif qui oblige les joueurs à plus s'affonter qu'un jeu de conquête. Et bien souvent la partie se joue dans le dernier tour, et la pression dure jusque dans les derniers instants, alors que tout peut basculer d'un côté ou de l'autre.

Je finirais en disant que je n'aime pas les jeux coopé en général, mais que j'ai rarement rencontré une personne qui n'aime pas celui-là!

Publié dans Jeux de plateau

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